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C’est en novembre 1907 que le docteur Irma Levasseur enthousiasme Madame Justine-Lacoste-Beaubien pour la création d’un second hôpital d’enfants à Montréal, trois ans après l’ouverture du Children’s Memorial Hospital, appelé maintenant le Montreal Children’s Hospital. Sis au 644 rue Saint-Denis puis au 820 de Lorimier, cet embryon d’hôpital qui compte 12 lits a pour mission de lutter contre l’effroyable morbidité et mortalité infantile liées au manque d’hygiène et d’éducation ainsi qu’à la pauvreté. Que de chemin parcouru depuis l’admission du premier patient, un nourrisson de 5 mois, qu’Irma Levasseur gardait à la maison depuis quelques jours.
À ses débuts, les soins pédiatriques sont en grande partie assurés par des médecins d’adultes car il y a très peu de pédiatres à part Irma Levasseur, Raoûl Masson et Séverin Lachapelle, figure dominante pour l’implantation de l’hygiène infantile et de la pédiatrie. Comme les maladies infectieuses et les déficiences nutritionnelles (marasme, rachitisme, scorbut, etc.) sont particulièrement préoccupantes, l’hôpital investit dans la création de dispensaires et de cliniques de goutte de lait où la prévention est à l’honneur.
Dès 1914, l’hôpital installé dans ses nouveaux locaux de 200 lits, sur la rue Saint-Denis, signe un contrat d’affiliation avec la Faculté de médecine, reçoit des étudiants et compte un médecin interne ainsi que des assistants médecins internes. Sainte-Justine devient alors l’incubateur pour la formation de la première génération de pédiatres spécialistes entre les années 1918-1927. C’est également à cette période que s’ouvre le département d’obstétrique, faisant de l’institution le premier hôpital pédiatrique d’Amérique du Nord intégrant l’obstétrique. C’est en 1932 que l’hôpital se dote d’un service médico-social assurant une pédiatrie domiciliaire pour la prévention, le suivi des malades et leur traitement.
Au cours des trois dernières décennies, les progrès de la médecine des enfants ont été spectaculaires grâce aux développements extraordinaires de la biologie cellulaire et moléculaire, à l’implantation de nouvelles technologies diagnostiques et thérapeutiques ainsi qu’à la révolution dans les sciences de l’information. Au contact de cette révolution scientifique et de la nouvelle pédagogie, la pédiatrie de Sainte-Justine s’est littéralement métamorphosée. De plus, elle s’est davantage centrée sur le patient et sa famille afin de répondre aux besoins nouveaux d’une société qui a beaucoup changé. L’approche multidisciplinaire, la continuité des soins et la réadaptation sont devenus des leitmotivs organisationnels pour la prise en charge exemplaire des maladies chroniques. En outre, il faut souligner la place de plus en plus grande que le Département de pédiatrie a donné à la pédiatrie sociale, aux problèmes de développement ainsi qu’à la prévention et au traitement des psychopathologies.
Le Département de pédiatrie a toujours gardé l’enfant à l’avant-scène, tout en réalisant qu’il ne saurait s’acquitter de sa mission d’excellence en soins dans un milieu où la recherche est médiocre et où l’enseignement est de mauvaise qualité. Aussi, il y a lieu de souligner qu’en recherche le CHU Sainte-Justine est deuxième au pays en termes de subventions, du nombre de chercheurs et d’étudiants, alors qu’en enseignement il est bon premier, et ceci depuis quelques années, aux examens nationaux de pédiatrie. Pour l’amour des enfants, mot d’ordre de la fondatrice, est un legs que le Département de pédiatrie conserve précieusement.
© Département de pédiatrie, 2010